Communiqué: En Réponse à la visite du Gouvernement Canadien à Auschwitz-Birkenau

Le 10 juillet 2016, le très honorable Justin Trudeau, premier ministre du Canada, a visité Auschwitz-Birkenau. À la suite de cette visite, M. Trudeau a fait la déclaration suivante :

« Aujourd’hui, nous sommes témoins de la capacité de l’humanité à être délibérément cruelle et malveillante. Souvenons-nous de cette dure vérité, puisse-elle renforcer notre engagement à ne jamais laisser une telle obscurité régner. »

L’Associciation Canadienne Rom en solidarité avec Romanipe souhaite saisir cette occasion pour mettre en lumière le destin, souvent oublié, des Roms durant l’Holocauste. Le 2 août a été désigné par la communauté rom internationale comme la journée de commémoration du Porrajmos, c’est-à-dire du génocide des Roms commis en Europe sous l’occupation nazie. Cette date a été choisie car c’est ce jour-là, en 1944, que 2897 Roms et Sintis, y compris des personnes âgées et des enfants, étaient emprisonnés dans le Zigeunerlager, un camp de gitans, puis assassinés dans les chambres à gaz d’Auschwitz-Birkenau. Les estimations les plus récentes indiquent qu’au moins la moitié de la population rom et sinti d’Europe (environ 500 000) a été tuée par les nazis et leurs collaborateurs pendant la Seconde Guerre mondiale.

Malheureusement, le génocide des Roms et des Sintis demeure largement méconnu de l’opinion publique. Il n’apparaît aucunement dans les programmes canadiens d’éducation publique et fait l’objet de simples mentions dans les comptes rendus  historiques du Troisième Reich.

Au cours des 70 dernières années, la tragique histoire du génocide rom a été ignorée et oubliée ce qui, de fait, a permis le maintien en Europe de la discrimination contre les Roms. Dans un contexte accru de racisme anti-roms et par la présence de mouvements néonazis partout en Europe, nous avons récemment été témoins du danger grandissant de l’oubli du passé et de ses conséquences. Dernièrement encore, l’anti-tsiganisme a mené à l’assassinat de six Roms, dont un enfant, par des extrémistes de droite. Une telle propagation de haine et de violence contre les Roms n’aurait pas été permise, si l’histoire du génocide rom avait été correctement reconnue et enseignée.

C’est seulement l’année dernière, le 14 avril 2015, que le Parlement européen a enfin adopté une résolution reconnaissant « le fait historique du génocide rom ayant eu lieu durant la Seconde Guerre mondiale. »  La résolution précise que le 2 août devrait être consacré aux victimes du génocide et proclamée « Journée européenne de commémoration de l’holocauste des Roms ». Elle condamne ondamne d toutes les formes de racisme et de discrimination commises contre les Roms et souligne que l’anti-tsiganisme doit être combattu efficacement, si l’on veut que les mesures prises dans d’autres domaines portent leurs fruits.

Romanipe invite le gouvernement canadien à reconnaître lui aussi officiellement le génocide rom commis durant la Seconde Guerre mondiale. Cette reconnaissance assurerait une légitimité juridique et morale aux revendications des Roms, qui demandent leur juste intégration à l’histoire de l’Holocauste. Par ce geste, les cérémonies, les commémorations et les activités en honneur aux victimes de ce génocide gagneraient elles aussi une reconnaissance officielle. Il est donc proposé que le 2 août soit reconnu comme la journée consacrée à la commémoration du génocide rom durant la Seconde Guerre mondiale. Cette date a été retenue par les organisations roms, en raison de son poids historique et symbolique. La  reconnaissance officielle de cette date marquera le début du processus de guérison collective des Roms et des Sintis tragiquement disparus sous le régime de Hitler et de ses collaborateurs.

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